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Kloé Baumgertener /
Louise de Jong
« Férale ».
Nos travaux partagent une réflexion sur le rapport nature / culture et sur la manière dont se tissent les liens à l’autre, qu’il soit humain ou non-humain. Celui de Louise explore les relations entre intimité et espace personnel, envisagés comme lieux de lutte, d’émancipation et de réappropriation des corps et des esprits. Cette approche s’ancre dans une dimension politique et féministe, attentive à la manière dont les espaces dits domestiques deviennent des territoires de résistance et de réinvention de soi.
De mon côté, ma recherche cherche à établir un langage, un dialogue possible avec l’autre qu’humain, en spéculant sur l’idée que l’humain n’est pas seul à produire de la culture. J’interroge ainsi nos manières d’habiter le monde, d’écouter et de traduire les signes du vivant.
Nos deux démarches croisent ainsi l’intérieur et l’extérieur, le domestique et le sauvage, le familier et l’étranger, ces zones de passage où se rejouent les rapports de pouvoir, d’attention et de soin.
Férale évoque un être domestiqué redevenu sauvage : un changement d’état, une transition vers une forme de réappropriation des espaces, de la parole, de la visibilité, de l’écoute. Le mot porte en lui une dimension performative et politique : il incarne un mouvement, une mise en action, le désir d’une transformation intime, collective, écologique des mondes.
Nos travaux partagent une réflexion sur le rapport nature / culture et sur la manière dont se tissent les liens à l’autre, qu’il soit humain ou non-humain. Celui de Louise explore les relations entre intimité et espace personnel, envisagés comme lieux de lutte, d’émancipation et de réappropriation des corps et des esprits. Cette approche s’ancre dans une dimension politique et féministe, attentive à la manière dont les espaces dits domestiques deviennent des territoires de résistance et de réinvention de soi.
De mon côté, ma recherche cherche à établir un langage, un dialogue possible avec l’autre qu’humain, en spéculant sur l’idée que l’humain n’est pas seul à produire de la culture. J’interroge ainsi nos manières d’habiter le monde, d’écouter et de traduire les signes du vivant.
Nos deux démarches croisent ainsi l’intérieur et l’extérieur, le domestique et le sauvage, le familier et l’étranger, ces zones de passage où se rejouent les rapports de pouvoir, d’attention et de soin.
Férale évoque un être domestiqué redevenu sauvage : un changement d’état, une transition vers une forme de réappropriation des espaces, de la parole, de la visibilité, de l’écoute. Le mot porte en lui une dimension performative et politique : il incarne un mouvement, une mise en action, le désir d’une transformation intime, collective, écologique des mondes.

Arié Mandelbaum
La feuille est le monde.
Viennent s’y poser toutes celles et ceux qui souffrent, toutes les orantes, toutes ces pièces d’un puzzle infini où un tableau chasse l’autre et où l’ensemble se recompose. Les toiles préparées, encore muettes, sont là, une par une, prêtes à être accueillies dans une fresque changeante. C’est une somme de l’humanité souffrante. Guernica, bien sûr, Grünewald encore. Jérôme Bosch. Arié Mandelbaum souvent. Arié cite et recueille. C’est la mère en prière, le cortège vers le rien. C’est la passion souvent reprise. Ce que l’on voit aujourd’hui a toujours été là, réitéré, pétri, malaxé. S’agit-il du monde, s’agit-il de peinture ? La feuille est le monde et les écritures - lettres et chiffres - en sont la pliure. La peinture est une autre réalité. Punaiser, dessiner, faire apparaître. C’est un autre monde et c’est le même, de l’apparu au disparu, du disparu au réapparu.
Gérard Preszow
Viennent s’y poser toutes celles et ceux qui souffrent, toutes les orantes, toutes ces pièces d’un puzzle infini où un tableau chasse l’autre et où l’ensemble se recompose. Les toiles préparées, encore muettes, sont là, une par une, prêtes à être accueillies dans une fresque changeante. C’est une somme de l’humanité souffrante. Guernica, bien sûr, Grünewald encore. Jérôme Bosch. Arié Mandelbaum souvent. Arié cite et recueille. C’est la mère en prière, le cortège vers le rien. C’est la passion souvent reprise. Ce que l’on voit aujourd’hui a toujours été là, réitéré, pétri, malaxé. S’agit-il du monde, s’agit-il de peinture ? La feuille est le monde et les écritures - lettres et chiffres - en sont la pliure. La peinture est une autre réalité. Punaiser, dessiner, faire apparaître. C’est un autre monde et c’est le même, de l’apparu au disparu, du disparu au réapparu.
Gérard Preszow

Arié Mandelbaum
« L’Echarde dans la chaire »
Cela, la peinture
Cela surgit : le visage d’une femme, les mains devant les yeux, en prière ; un enfant dans les bras de sa mère (trace mémorielle d’un tableau de Picasso) ; un hyène, dans sa gueule un lionceau, une lionne le poursuit.
Parcourant l’immense toile (3 mètres sur 2 mètres), une moitier de visage de femme, les mains levées, dans un cri ; deux hommes regardent on ne sait quoi ; un sexe de femme ouvert ; une main arrache un olivier. Le ciel est bleau et rouge. On voyage dans l’espace, dans des morceaux de récits.
Sur une autre toile (90 centimètres sur 90 centimères), trois hommes nous regardent les yeux vides. On voit leur énigme.
Et voici Maïakovski d’un air triste, le dos d’une femme nue accroupie, dont on entrevoit le sexe. Un texte du poète parcourt la toile. « La barque de l’amour s’est brisée contre la vie courante, comme on dit, l’incident est clos. »
Ailleurs, la violence d’une licorne, seule sur la toile, la gueule ouverte, toute rouge.
Ces apparitions interpèlent au-delà du regard. C’est la présence absolue de la peinture, la fascination.
Jacques Sojcher
Cela surgit : le visage d’une femme, les mains devant les yeux, en prière ; un enfant dans les bras de sa mère (trace mémorielle d’un tableau de Picasso) ; un hyène, dans sa gueule un lionceau, une lionne le poursuit.
Parcourant l’immense toile (3 mètres sur 2 mètres), une moitier de visage de femme, les mains levées, dans un cri ; deux hommes regardent on ne sait quoi ; un sexe de femme ouvert ; une main arrache un olivier. Le ciel est bleau et rouge. On voyage dans l’espace, dans des morceaux de récits.
Sur une autre toile (90 centimètres sur 90 centimères), trois hommes nous regardent les yeux vides. On voit leur énigme.
Et voici Maïakovski d’un air triste, le dos d’une femme nue accroupie, dont on entrevoit le sexe. Un texte du poète parcourt la toile. « La barque de l’amour s’est brisée contre la vie courante, comme on dit, l’incident est clos. »
Ailleurs, la violence d’une licorne, seule sur la toile, la gueule ouverte, toute rouge.
Ces apparitions interpèlent au-delà du regard. C’est la présence absolue de la peinture, la fascination.
Jacques Sojcher

Arié Mandelbaum
« L’Echarde dans la chaire »
Une nuit chez Arié
Dans une échancrure des tentures, se dessinent les ombres des arbustes et sur le mur latéral le lierre qui l’escalade. Dans le ciel, une lune éclaire timidement le jardin où se repose une table métallique qui attend peut-être Ofir, le chat de la maison. À moins que ce ne soit la silhouette d’Arié lui-même. Peut-être vient-elle s’asseoir là la nuit, sa silhouette, tandis que de l’étage et son bureau-atelier, Arié lui jette un regard distant, peut-être rétrospectif sur ses quatre-vingt-six ans d’existence et à peine moins de création.
Mais cette nuit-ci, c’est moi qui observe de haut la table vide et les plantes qui tremblent au vent subtil et à la pluie fine de la douce Gaume. Derrière moi, Arié est assis dans un fauteuil en rotin. Il a chargé le poêle de bois et de charbon qu’il est allé lui-même acheter à la ville tout proche. Sur le bureau, parmi le faux désordre des livres qui s’accumulent, de et sur Hannah Arendt, Elisée Reclus, Paul Celan et Ingeborg Bachmann, quelques membres de sa généalogie comme il dit, des cartes d’amis, Guy Goffette, Boris Lehman, Jacques Sojcher, des photos et médaillons de ses amours en une éternelle présence où tout ce qui s’est créé ne se perd jamais ainsi Lucie la luciole, devant l’ordinateur où traîne le dernier email à Luc Dardenne ou à Jeroen Laureyns, oui dans ce faux chaos qui rameute par petits bouts ses réseaux proches et lointains, pointent deux verres de rouge aux longs pieds comme des sentinelles de la nuit. Il est passé minuit et nous allons poursuivre nos entretiens. Je m’assieds en face d’Arié et j’enclenche la caméra…
Son visage se découpe dans le clair-obscur des éclairages indirects. Arié ne se donne pas à la première lumière venue. Et ses mots rechignent souvent à passer la frontière de ses lèvres et de sa méfiance du faux-disant, de la logorrhée facile et de la rhétorique d’apparat. J’ai connu Arié à partir de Stéphane et bien plus tard, par Kafka et ses portraits. Le Kafka du Terrier et des romans inachevé. Celui du silence et des mots qui tentent de le dissiper sans toujours y arriver. Celui aussi de l’humour et des yeux profonds.
Pendant dix ans ou quasi, je venais chaque mois de Paris à Bruxelles pour une journée avec l’écrivain Pierre Mertens en vue de la biographie que j’écrivais de lui. Une rencontre d’envolées littéraires, intellectuelles et politiques, de bons mots et de formules savamment ficelées qui s’achevait par un déjeuner copieusement arrosé. J’en sortais ébloui, sceptique, repu et légèrement éméché. Et avant de reprendre mon train retour vers Paris, je passais rue des Grands Carmes entre la Grand-Place et le boulevard du Midi.
Dans le bâtiment imposant et fragile comme une ruine qui retient le temps où habitaient Arié et sa petite communauté de co-résidents, je montais dans son salon et dans son atelier. Celui-ci avait l’ampleur d’une cathédrale de briques et de verre. Une cathédrale majestueuse mais dépouillée tel un silence plein. Déjà le poêle était là au centre de l’espace et réchauffait la salle à l’instar du rouge des briques. Et ce qui animait l’espace en le transformant en temps, c’était les personnages qui ne se donnaient qu’à l’approche, ne se disaient, à travers leurs traits esquissés, leurs traces estompées, que si vous leur parliez.
Arié était là, déjà assis sur son petit siège en rotin ou son fauteuil de PDG qui aurait subi le passage de manifestants ravageurs. Je me réfugiais chez lui, je demandais asile dans ces demi-mots, dans ces semi-traits, dans ces charbons à peine ardents mais chauds du poêle, dans cette lumière diffuse et dans les yeux d’Arié qui vous ouvraient la porte et vous invitaient à entrer. Un asile hors de la frénésie du monde. Et au cœur du même monde pour une exploration à petits cailloux blancs et noirs, parfois rouges sang. Loin de la brillance, loin des postures et des impostures de la journée écoulée. Au contraire, au plus près du pas à pas, du trait par trait, de trace en trace. Au plus près du doute. Pas le doute comme défaite. Le doute comme foi. Le doute par passion, difficile mais intense. Parce que chercher c’est aimer, et aimer c’est chercher.
Arié ne se donne pas. Il se livre. Je veux dire : il s’offre tel un livre écrit à l’encre sympathique. Un livre à écrire ensemble : vous dites une chose, il vous dit le contraire, vous corrigez, il vous reprend à nouveau. Une écriture un tantinet talmudique ou kōan zen. Frappée au sceau de l’incertitude. Mais de la volonté d’atteindre la chose. La chose peut-être vraie, mais certainement insaisissable. Cette nuit dans l’atelier-nid de Fontenoille, l’obscurité fonctionne comme bain révélateur. Les traits d’Arié se marquent peu à peu. Et à travers eux, remontent les souvenirs, l’enfance dans le « triangle » d’Anderlecht, la famille proche plusieurs fois peinte rassemblée dans une barque sur les étangs Mellaerts tels, sous la main du peintre, les rescapés d’un navire plus large évanoui dans la brume, l’adolescence émancipatrice, Hachomer Hetzaïr, Les lettres françaises communistes, la découverte de Picasso ou de Fernand Léger, les lieux et les errances, les convictions, les combats, l’UJBP et ses valeurs juives fondamentales contre le sionisme vengeur. Et puis les morts, les souffrances et toujours les questions. Les pourquoi, bien plus que les comment, car la technique, pourtant travaillée au corps, demeure accessoire face au sujet qui toujours la dépasse. Les phrases sont sans point final et je ne connais pas ou plus d’œuvres d’Arié encadrées, enfermées.
La nuit ne perce pas dans l’atelier-bureau d’Arié. Elle imprègne le sol, l’air, les volumes. Et à travers elle, s’impose, telles des ombres blanches, les grands papiers scotchés au mur, les toiles qui se superposent au sol, se multiplient et se font écho l’une à l’autre. Des ronds dans l’eau, mais, à l’inverse du mouvement classique, en des cercles concentriques et centripètes, qui se resserrent les uns contre les autres, vivent, revivent, survivent : les êtres dont l’artiste, les êtres vers qui il est allé, les pères et pairs en peinture, les petites et les grands bandes d’esprits, les figures dont il se réclame, les Goldmann ou les Lumumba, parfois un enfant, un ballon rouge ou une tache rouge dont on ne sait si c’est une cerise ou une tache de sang, peut-être les deux. Et des sexes qui disent la fine frontière entre les deux. Entre le fruit et le sang. Entre l’intérieur et l’extérieur.
Et ces papiers, qui viennent de la main ouverte davantage que serrée d’Arié, reviennent à lui, reviennent à nous, non pas comme des fantômes mais les témoins d’un univers plus large. Ces témoins à la place de qui on ne peut parler mais juste se faire les porte-parole, les porte-geste, mettre la main au service de la leur et offrir nos yeux pour percer leur regard. Pas des fantômes, mais les revenants au sens propre d’un temps qu’on ne maîtrisera jamais. Revenants d’un chaos qu’on n’a pas voulu, d’une folie qu’on refuse et de guerres qui nous sont imposées.
Jusqu’il y a peu, pendant des mois, sur un des murs de l’atelier, se tendait les papiers d’une guerre, une nouvelle, mais les guerres ne sont jamais nouvelles, elles se répètent. Des papiers qui en formaient un, sans doute un des plus grands jamais achevés par Arié. Peut-être parce que ce qu’il représentait était plus qu’il n’avait jamais pu accepter, plus grand que la mort ou la folie ordinaires, parce que cette guerre parlait des siens, d’une terre possible mais désormais close, de la souffrance et de l’oppression, de la sauvagerie d’un jour et de la vengeance inextinguible, l’œuvre était aussi grande que le mur. Et parce que les mots étaient plus que jamais impuissants à dire la guerre et la folie, parce que les hommes mêmes ne pouvaient même plus en être les témoins, les animaux ont pris le relais, une lionne, une hyène, et des spectres de peintres, des souvenirs de chair ouverte, des bouches ouvertes sans cri, des bandes muettes et le ciel interdit ont envahi le papier. Sans voix, des voix sans issue et sans nom. Sans titre.
Je ne sais pas pourquoi Arié a choisi de finalement donner à cette œuvre le titre d’Écharde dans la chair. Je l’ai utilisé pour un manuscrit qui va finir par paraître si le texte finit par le vouloir, monter à la lumière, lui aussi comme une photo dans un bain révélateur. Un manuscrit sur la guerre en Israël-Palestine. Sur la déchirure et les déchirements de cette ou ces terre(s). Sa peinture parlait aussi de cela, bien sûr, c’est une raison. Mais je veux croire que cela va au-delà. Cela va jusqu’à cette nuit à Fontenoile, dans ce clair-obscur où les tâtonnements des mots écrits, les mouvements de la caméra, du crayon, du fusain, du pinceau sur le papier cherchent à dire sans jamais réussir à cerner : juste la fine et muette inquiétude de l’être-au-monde et, en dépit de tout, la joie et la plénitude de la chair. La chair qui mourra mais aura vécu. Contre la guerre, la folie, l’humiliation et l’oppression. Pour le cheminement des mots sur le papier, des doigts sur la toile et des caresses sur une peau.
Jean-Pierre Orban
15 octobre 2025
Dans une échancrure des tentures, se dessinent les ombres des arbustes et sur le mur latéral le lierre qui l’escalade. Dans le ciel, une lune éclaire timidement le jardin où se repose une table métallique qui attend peut-être Ofir, le chat de la maison. À moins que ce ne soit la silhouette d’Arié lui-même. Peut-être vient-elle s’asseoir là la nuit, sa silhouette, tandis que de l’étage et son bureau-atelier, Arié lui jette un regard distant, peut-être rétrospectif sur ses quatre-vingt-six ans d’existence et à peine moins de création.
Mais cette nuit-ci, c’est moi qui observe de haut la table vide et les plantes qui tremblent au vent subtil et à la pluie fine de la douce Gaume. Derrière moi, Arié est assis dans un fauteuil en rotin. Il a chargé le poêle de bois et de charbon qu’il est allé lui-même acheter à la ville tout proche. Sur le bureau, parmi le faux désordre des livres qui s’accumulent, de et sur Hannah Arendt, Elisée Reclus, Paul Celan et Ingeborg Bachmann, quelques membres de sa généalogie comme il dit, des cartes d’amis, Guy Goffette, Boris Lehman, Jacques Sojcher, des photos et médaillons de ses amours en une éternelle présence où tout ce qui s’est créé ne se perd jamais ainsi Lucie la luciole, devant l’ordinateur où traîne le dernier email à Luc Dardenne ou à Jeroen Laureyns, oui dans ce faux chaos qui rameute par petits bouts ses réseaux proches et lointains, pointent deux verres de rouge aux longs pieds comme des sentinelles de la nuit. Il est passé minuit et nous allons poursuivre nos entretiens. Je m’assieds en face d’Arié et j’enclenche la caméra…
Son visage se découpe dans le clair-obscur des éclairages indirects. Arié ne se donne pas à la première lumière venue. Et ses mots rechignent souvent à passer la frontière de ses lèvres et de sa méfiance du faux-disant, de la logorrhée facile et de la rhétorique d’apparat. J’ai connu Arié à partir de Stéphane et bien plus tard, par Kafka et ses portraits. Le Kafka du Terrier et des romans inachevé. Celui du silence et des mots qui tentent de le dissiper sans toujours y arriver. Celui aussi de l’humour et des yeux profonds.
Pendant dix ans ou quasi, je venais chaque mois de Paris à Bruxelles pour une journée avec l’écrivain Pierre Mertens en vue de la biographie que j’écrivais de lui. Une rencontre d’envolées littéraires, intellectuelles et politiques, de bons mots et de formules savamment ficelées qui s’achevait par un déjeuner copieusement arrosé. J’en sortais ébloui, sceptique, repu et légèrement éméché. Et avant de reprendre mon train retour vers Paris, je passais rue des Grands Carmes entre la Grand-Place et le boulevard du Midi.
Dans le bâtiment imposant et fragile comme une ruine qui retient le temps où habitaient Arié et sa petite communauté de co-résidents, je montais dans son salon et dans son atelier. Celui-ci avait l’ampleur d’une cathédrale de briques et de verre. Une cathédrale majestueuse mais dépouillée tel un silence plein. Déjà le poêle était là au centre de l’espace et réchauffait la salle à l’instar du rouge des briques. Et ce qui animait l’espace en le transformant en temps, c’était les personnages qui ne se donnaient qu’à l’approche, ne se disaient, à travers leurs traits esquissés, leurs traces estompées, que si vous leur parliez.
Arié était là, déjà assis sur son petit siège en rotin ou son fauteuil de PDG qui aurait subi le passage de manifestants ravageurs. Je me réfugiais chez lui, je demandais asile dans ces demi-mots, dans ces semi-traits, dans ces charbons à peine ardents mais chauds du poêle, dans cette lumière diffuse et dans les yeux d’Arié qui vous ouvraient la porte et vous invitaient à entrer. Un asile hors de la frénésie du monde. Et au cœur du même monde pour une exploration à petits cailloux blancs et noirs, parfois rouges sang. Loin de la brillance, loin des postures et des impostures de la journée écoulée. Au contraire, au plus près du pas à pas, du trait par trait, de trace en trace. Au plus près du doute. Pas le doute comme défaite. Le doute comme foi. Le doute par passion, difficile mais intense. Parce que chercher c’est aimer, et aimer c’est chercher.
Arié ne se donne pas. Il se livre. Je veux dire : il s’offre tel un livre écrit à l’encre sympathique. Un livre à écrire ensemble : vous dites une chose, il vous dit le contraire, vous corrigez, il vous reprend à nouveau. Une écriture un tantinet talmudique ou kōan zen. Frappée au sceau de l’incertitude. Mais de la volonté d’atteindre la chose. La chose peut-être vraie, mais certainement insaisissable. Cette nuit dans l’atelier-nid de Fontenoille, l’obscurité fonctionne comme bain révélateur. Les traits d’Arié se marquent peu à peu. Et à travers eux, remontent les souvenirs, l’enfance dans le « triangle » d’Anderlecht, la famille proche plusieurs fois peinte rassemblée dans une barque sur les étangs Mellaerts tels, sous la main du peintre, les rescapés d’un navire plus large évanoui dans la brume, l’adolescence émancipatrice, Hachomer Hetzaïr, Les lettres françaises communistes, la découverte de Picasso ou de Fernand Léger, les lieux et les errances, les convictions, les combats, l’UJBP et ses valeurs juives fondamentales contre le sionisme vengeur. Et puis les morts, les souffrances et toujours les questions. Les pourquoi, bien plus que les comment, car la technique, pourtant travaillée au corps, demeure accessoire face au sujet qui toujours la dépasse. Les phrases sont sans point final et je ne connais pas ou plus d’œuvres d’Arié encadrées, enfermées.
La nuit ne perce pas dans l’atelier-bureau d’Arié. Elle imprègne le sol, l’air, les volumes. Et à travers elle, s’impose, telles des ombres blanches, les grands papiers scotchés au mur, les toiles qui se superposent au sol, se multiplient et se font écho l’une à l’autre. Des ronds dans l’eau, mais, à l’inverse du mouvement classique, en des cercles concentriques et centripètes, qui se resserrent les uns contre les autres, vivent, revivent, survivent : les êtres dont l’artiste, les êtres vers qui il est allé, les pères et pairs en peinture, les petites et les grands bandes d’esprits, les figures dont il se réclame, les Goldmann ou les Lumumba, parfois un enfant, un ballon rouge ou une tache rouge dont on ne sait si c’est une cerise ou une tache de sang, peut-être les deux. Et des sexes qui disent la fine frontière entre les deux. Entre le fruit et le sang. Entre l’intérieur et l’extérieur.
Et ces papiers, qui viennent de la main ouverte davantage que serrée d’Arié, reviennent à lui, reviennent à nous, non pas comme des fantômes mais les témoins d’un univers plus large. Ces témoins à la place de qui on ne peut parler mais juste se faire les porte-parole, les porte-geste, mettre la main au service de la leur et offrir nos yeux pour percer leur regard. Pas des fantômes, mais les revenants au sens propre d’un temps qu’on ne maîtrisera jamais. Revenants d’un chaos qu’on n’a pas voulu, d’une folie qu’on refuse et de guerres qui nous sont imposées.
Jusqu’il y a peu, pendant des mois, sur un des murs de l’atelier, se tendait les papiers d’une guerre, une nouvelle, mais les guerres ne sont jamais nouvelles, elles se répètent. Des papiers qui en formaient un, sans doute un des plus grands jamais achevés par Arié. Peut-être parce que ce qu’il représentait était plus qu’il n’avait jamais pu accepter, plus grand que la mort ou la folie ordinaires, parce que cette guerre parlait des siens, d’une terre possible mais désormais close, de la souffrance et de l’oppression, de la sauvagerie d’un jour et de la vengeance inextinguible, l’œuvre était aussi grande que le mur. Et parce que les mots étaient plus que jamais impuissants à dire la guerre et la folie, parce que les hommes mêmes ne pouvaient même plus en être les témoins, les animaux ont pris le relais, une lionne, une hyène, et des spectres de peintres, des souvenirs de chair ouverte, des bouches ouvertes sans cri, des bandes muettes et le ciel interdit ont envahi le papier. Sans voix, des voix sans issue et sans nom. Sans titre.
Je ne sais pas pourquoi Arié a choisi de finalement donner à cette œuvre le titre d’Écharde dans la chair. Je l’ai utilisé pour un manuscrit qui va finir par paraître si le texte finit par le vouloir, monter à la lumière, lui aussi comme une photo dans un bain révélateur. Un manuscrit sur la guerre en Israël-Palestine. Sur la déchirure et les déchirements de cette ou ces terre(s). Sa peinture parlait aussi de cela, bien sûr, c’est une raison. Mais je veux croire que cela va au-delà. Cela va jusqu’à cette nuit à Fontenoile, dans ce clair-obscur où les tâtonnements des mots écrits, les mouvements de la caméra, du crayon, du fusain, du pinceau sur le papier cherchent à dire sans jamais réussir à cerner : juste la fine et muette inquiétude de l’être-au-monde et, en dépit de tout, la joie et la plénitude de la chair. La chair qui mourra mais aura vécu. Contre la guerre, la folie, l’humiliation et l’oppression. Pour le cheminement des mots sur le papier, des doigts sur la toile et des caresses sur une peau.
Jean-Pierre Orban
15 octobre 2025

Maria João Flôxo

Maria João Flôxo
Maria João Flôxo est une artiste multidisciplinaire portugaise, née à Porto en 1982, dont la carrière
artistique se distingue par l’exploration de la performance, de la sculpture et des arts visuels. Elle a
étudié la sculpture à la Faculté des Beaux-Arts de Porto. Sa carrière a été fortement influencée par
ses études à la Faculté des Beaux-Arts de Valence (2006-2007), où elle a rencontré l’artiste de renom
Bartolomé Ferrando, connu pour son travail dans l’art de l’action. A partir de ce moment ses œuvres
mêlent art visuel et performance et abordent des thèmes d’intimité, de féminité et de transformation
spatiale.
Flôxo depuis son début a plongé dans la création des performances provocantes ou la participation
du public et une pièce fondamentale pour le développement de l’action, comme A Máquina do Sexo,
Requiem para una Limpieza et Lujuria, où elle explore des thématiques centrées sur le corps;
présentées dans des festivals d’art performatif, tels que le Festival AdA, Arte en Predicado, Arrt Accio,
EnAct au Portugal et en Espagne.
Elle a également créé l’installation « Lenços no varal » pour l’événement Portugal Convida à
Barcelone, organise par l’Ambassade de Portugal, une œuvre site-specific qui interroge l’interaction
entre culture et espace matériel.
En parallèle, elle a dirigé le projet expositif Área dos3dos à la galerie José de Ibarra, consolidant ainsi
son rôle de curatrice et d’organisatrice.
Son engagement envers l’art s’étend à la fondation de YELLOW ROAD, une association artistique à
Porto, par laquelle elle organise des ateliers et événements d’art en performance et en installation.
Elle a récemment participé à des projets immersifs collaboratifs comme Kaleidoscope, dans l’atelier
Under_Construction à USquare Bruxelles, où elle avec Monica Musoni, Caroline Vincart et Amelie
Laveran ont métamorphosé les espaces de SeeU de manière visuelle, a traves de la photographie et
l’installation.
Les œuvres de Flôxo se caractérise par l’interaction entre le corps, l’espace et le public, abordant
souvent des thèmes liés à l'identité, à la féminité et aux frontières. Un exemple important est son
projet Seios - Territoires Interdits, qui questionne la sexualisation du corps féminin, notamment des
seins et des mamelons, à travers une installation et une performance utilisant des moulages de seins
féminins reliés par des fils rouges, symbolisant l’union et la séparation en prennent conscience de la
dualité du thème lui-même dans son essence et son contexte social.
Son art se distingue par son aspect participatif, invitant le public à interagir avec les performances et
l’espace environnant de manière profondément engagée.
Elle vit actuellement à Bruxelles, où elle poursuit le développement de sa pratique artistique et de ses
collaborations dans des projets mêlant le mouvement, le son et la sculpture. Cette ville a ravivé la
confiance et l'amour de Flôxo pour sa création artistique, après dix ans passés à Barcelone où elle
s'était principalement consacrée à la gestion et à la production d'expositions dans des galeries et des
foires d'art.
Sa motivation vers la collaboration artistique maintenant a encore plus puissance dans les envies et
processus créatif de Maria. Ça se voit dans son investissement dans le groupe de danse Rue Libre et
Zodiac Dance et ces dernières performances ou elle résonne avec l’ouvre d’autres artistes comme
Sonia Aniceto, Los Torreznos, Célestin Pierret, Mathieu Marre, Alice de Vischer et Evamaria Schaller.

Fata morgana
Projet Dimitri Carez et Dominique Van den Bergh
Qu’il s’agisse de jardins, de fontaines bords de mer, de scènes de basse-cours ou encore d’improbable déménagement. Rien dans le travail de Dominique Van den Bergh ou celui de Dimitri Carez ne laisse indifférent. À première vue, on s’attend à voir dans le travail de Dimitri des personnages évoluer en symbiose dans le temps et le contexte qui les entoure. Et c’est finalement tout autre chose qui s’opère dans des temporalités distinctes. Comme je me plais à le dire, nous sommes à chaque fois dans une sorte de temporalité entre deux mondes. Dans ce qu’elle a peut-être de plus naturel et en pleine opposition avec ce que nous connaissons intrinsèquement du temps. Ce qu’ils nous présentent finalement est une nouvelle approche de la notion de temps. Mais peut-être plus encore. Comme un apprivoisement de l’espace dans tout ce qui devient et s’écoule. Comme un temps érodé et voué à l’éternité. Pouvons-nous dès lors encore croire que nous sommes sur la route du temps ? Et qu’arriverait-il à ceux qui s’en écarteraient ? Et de reprendre ici la pensée de Cioran, je cite : « Pourquoi me chuchoter à l’oreille de tout quitter quand je me suis déjà attaché aux apparences de la nature ». Comme un regard qui ne verrait pas et dans lequel on se verrait. Comme si chacun des instants proposés ici se détachaient du cours du temps pour nous y ramener. De l’isolement à l’élévation, en passant par l’absolu, leur travail chemine en entrainant avec lui une procession d’ombres. Comme une concession faite au temps par l’éternité. Celle-là même qui nous implore et à laquelle peut-être nous ne pouvons échapper. Et voilà donc pourquoi parmi les œuvres de ces deux artistes se dessine une ombre inquiète et plus dense qu’il n’y paraît. Une présence qui se donne et dont le frémissement choisi ou involontaire ne céderait à aucun compromis. Et voilà pourquoi tout apparaît subtilement devant nous comme un secret si terrible et dans lequel on ne peut déterminer avec certitude qui furent réellement ces êtres que nous avons connus.
Jean-Louis Van Durme 2024
Qu’il s’agisse de jardins, de fontaines bords de mer, de scènes de basse-cours ou encore d’improbable déménagement. Rien dans le travail de Dominique Van den Bergh ou celui de Dimitri Carez ne laisse indifférent. À première vue, on s’attend à voir dans le travail de Dimitri des personnages évoluer en symbiose dans le temps et le contexte qui les entoure. Et c’est finalement tout autre chose qui s’opère dans des temporalités distinctes. Comme je me plais à le dire, nous sommes à chaque fois dans une sorte de temporalité entre deux mondes. Dans ce qu’elle a peut-être de plus naturel et en pleine opposition avec ce que nous connaissons intrinsèquement du temps. Ce qu’ils nous présentent finalement est une nouvelle approche de la notion de temps. Mais peut-être plus encore. Comme un apprivoisement de l’espace dans tout ce qui devient et s’écoule. Comme un temps érodé et voué à l’éternité. Pouvons-nous dès lors encore croire que nous sommes sur la route du temps ? Et qu’arriverait-il à ceux qui s’en écarteraient ? Et de reprendre ici la pensée de Cioran, je cite : « Pourquoi me chuchoter à l’oreille de tout quitter quand je me suis déjà attaché aux apparences de la nature ». Comme un regard qui ne verrait pas et dans lequel on se verrait. Comme si chacun des instants proposés ici se détachaient du cours du temps pour nous y ramener. De l’isolement à l’élévation, en passant par l’absolu, leur travail chemine en entrainant avec lui une procession d’ombres. Comme une concession faite au temps par l’éternité. Celle-là même qui nous implore et à laquelle peut-être nous ne pouvons échapper. Et voilà donc pourquoi parmi les œuvres de ces deux artistes se dessine une ombre inquiète et plus dense qu’il n’y paraît. Une présence qui se donne et dont le frémissement choisi ou involontaire ne céderait à aucun compromis. Et voilà pourquoi tout apparaît subtilement devant nous comme un secret si terrible et dans lequel on ne peut déterminer avec certitude qui furent réellement ces êtres que nous avons connus.
Jean-Louis Van Durme 2024

Aux portes du réel
Dominique Van den Bergh
Il est peu d’œuvres plus attachantes que celles de Dominique Van den Bergh. Il en est également peu de plus déconcertantes. Leurs origines semblent remonter à l’essence même du temps. Depuis les formes diverses qu’elles ont successivement revêtues jusqu’aux traits les plus durables et les plus authentiques. Car, s’il est vrai que son œuvre est énigmatique, c’est surtout parce qu’on y ressent une présence ambivalente. En effet, il y est souvent question de départs, de retours et de ce quelque chose dont on ne sait s’il perdurera dans le temps. Tel un développement indéfini et au combien primitif d’éléments qui sont toujours en devenir. Chacun d’eux s’inscrivant dans un ensemble qui vise a former un tout cohérent. On pense tantôt à des divinités, tant soit peu qu’elles irradient l’espace aussi bien par leur présence que par ce qu’elles racontent du passé, tantôt à des âmes aux portes du réel, voire de l’absence. Un peu comme si tout apparaissait à la limite des choses. Une chose qui vient et revient nous frapper d’autant plus fort que nous l’avons tue depuis longtemps. Il y a aussi dans son travail quelque chose d’essentiel. Comme une évidence qui provient du passé. Quelque chose qui rejoint, et qui au travers du temps nous inonde de sa lumière. Comme une sorte de somnolence irisée dont nous ne pouvons sortir indemne. D’où une étrange impression d’insistance temporelle, comme un murmure qui remédierait au silence et qui conserverait à plus d’un égard les formes atmosphériques et intériorisées de voix lointaines qui requerraient implicitement notre présence. On l’aura compris, s’il fallait y voir une lumière éternelle, primordiale, une lumière qui toujours régnera, on ne pourra s’empêcher d’y voir également une vibration qui nous offre non seulement le pouvoir d’oublier, mais également celui de perdurer. Que ses œuvres soient le signal d’un départ ou non. Qu’elles arrachent un sourire au ou non au deuil. On ne peut que s’imaginer la présence qui s’élargit entre elle et les siens. Tel un havre de paix qui descend vers le repos.
Jean-Louis Van Durme 2024

Hommage
Dominique Van den Bergh

Raf Thienpont

Sofi van Saltbommel
Sofi van Saltbommel
« Seigneurs infâmes & beaux vilains »
« Seigneurs infâmes & beaux vilains »

Raf Thienpont
Mijn werk bestaat voornamelijk uit tekeningen op papier. Ik teken met pastel, potlood, houtskool, inkt, acryl- en olieverf… meestal worden meerdere technieken in één tekening gecombineerd.
Uitgaande van het aanvoelbare, het gevoelsmatige, het instinctieve en het intuïtieve onderzoek ik hoe ik het ongrijpbare kan vatten. Vanuit mijn verwondering en beleving geef ik vorm aan de energieën die ik aanvoel.
Op het moment dat ik aan het tekenen ben, voel ik me heel erg zeker van mijn bestaan, de lijn die ik vorm geef, het papier, mijn atelier, en de connectiviteit en interactie tussen dat alles in het nu. Die uitwisseling is zo krachtig en alomvattend, dat er dan niks anders bestaat. Elke lijn, elke beweging raakt aan absolute geladenheid.
Totale vrijheid. Mijn atelier is een vrijplaats waar ik kan doen en laten wat ik wil, zonder anderen, zonder grenzen, zonder oordelen. Die wereld heeft een eigen taal en interpretaties, een laboratorium waar ik mijn eigen pad kan uitstippelen. Op een pseudo-wetenschappelijke manier zoek ik naar het onthullen van waarheid door middel van herhalingen, overlappingen, netwerken, golven… resonanties van wat is of niet is.
Mijn ervaringen, bewustzijn en aanwezigheid zijn vervlochten in het werk. Tekenen wordt daarbij een fysiek doorleven en een avontuur geleefd in en door het moment. Werken kunnen metaforen zijn van beleefde emoties zoals pijn, verwondering of kwetsbaarheid, of van thema’s die me bezighouden. Tekenen is dus een onderzoek om te kijken wat er in mij gebeurt en om de link te creëren tussen tijd, zijn en expressie.
Alles heeft met elkaar te maken, als een bloedvatenstelsel, en ideeën verschijnen doorheen verschillende werken, worden gecombineerd, duiken op en verdwijnen weer. Alles communiceert met elkaar. Contrasten fluctueren, nerveus tegenover rustig, hard tegen over zacht, licht tegenover donker, zware tegenover fijne lijn, en een nooit eindigende combinatie van die elementen.
Mijn werk biedt de toeschouwer een moment van verbinding, reflectie en introspectie. Een connectie met de tijd en ruimte waar het denken niet de hoofdrol speelt.
Mon œuvre se compose principalement de dessins sur papier. Je dessine avec du pastel, du crayon, du fusain, de l'encre, de la peinture acrylique et de la peinture à l'huile... généralement, plusieurs techniques sont combinées dans un même dessin.
En partant du sensible, de l'instinctif et de l'intuitif, j'explore comment capturer l'insaisissable. À partir de mon émerveillement et de mon expérience, je donne forme aux énergies que je ressens.
Au moment où je dessine, je me sens très sûre de mon existence, de la ligne que je façonne, du papier, de mon atelier, et de la connectivité et de l'interaction entre tous ces éléments dans l'instant présent. Cet échange est tellement puissant et englobant que rien d'autre n'existe à ce moment-là. Chaque ligne, chaque mouvement touche à la charge absolue.
Une liberté totale. Mon studio est un sanctuaire où je peux faire ce que je veux, sans les autres, sans limites, sans jugements. Ce monde a son propre langage et ses propres interprétations, un laboratoire où je peux tracer mon propre chemin. D'une manière pseudo-scientifique, je cherche à révéler la vérité à travers les répétitions, les chevauchements, les réseaux, les ondes... les résonances de ce qui est ou n'est pas.
Mes expériences, ma conscience et ma présence sont entrelacées dans le travail. Dans le processus, le dessin devient une expérience physique et une aventure vécue dans et à travers l'instant. Les œuvres peuvent être des métaphores d'émotions vécues telles que la douleur, l'émerveillement ou la vulnérabilité, ou de thèmes qui me préoccupent. Le dessin est donc une exploration pour voir ce qui se passe en moi et pour créer le lien entre le temps, l'être et l'expression.
Tout est connecté, comme un système cardiovasculaire, et les idées apparaissent à travers différentes œuvres, sont combinées, font surface et disparaissent à nouveau. Les contrastes fluctuent, entre la nervosité et le calme, la dureté et la douceur, la lumière et l'obscurité, la lourdeur et la finesse des lignes, et une combinaison sans fin de ces éléments.
Mon travail offre au spectateur un moment de connexion, de réflexion et d'introspection. Une connexion avec le temps et l'espace où la pensée ne joue pas le rôle principal.
Uitgaande van het aanvoelbare, het gevoelsmatige, het instinctieve en het intuïtieve onderzoek ik hoe ik het ongrijpbare kan vatten. Vanuit mijn verwondering en beleving geef ik vorm aan de energieën die ik aanvoel.
Op het moment dat ik aan het tekenen ben, voel ik me heel erg zeker van mijn bestaan, de lijn die ik vorm geef, het papier, mijn atelier, en de connectiviteit en interactie tussen dat alles in het nu. Die uitwisseling is zo krachtig en alomvattend, dat er dan niks anders bestaat. Elke lijn, elke beweging raakt aan absolute geladenheid.
Totale vrijheid. Mijn atelier is een vrijplaats waar ik kan doen en laten wat ik wil, zonder anderen, zonder grenzen, zonder oordelen. Die wereld heeft een eigen taal en interpretaties, een laboratorium waar ik mijn eigen pad kan uitstippelen. Op een pseudo-wetenschappelijke manier zoek ik naar het onthullen van waarheid door middel van herhalingen, overlappingen, netwerken, golven… resonanties van wat is of niet is.
Mijn ervaringen, bewustzijn en aanwezigheid zijn vervlochten in het werk. Tekenen wordt daarbij een fysiek doorleven en een avontuur geleefd in en door het moment. Werken kunnen metaforen zijn van beleefde emoties zoals pijn, verwondering of kwetsbaarheid, of van thema’s die me bezighouden. Tekenen is dus een onderzoek om te kijken wat er in mij gebeurt en om de link te creëren tussen tijd, zijn en expressie.
Alles heeft met elkaar te maken, als een bloedvatenstelsel, en ideeën verschijnen doorheen verschillende werken, worden gecombineerd, duiken op en verdwijnen weer. Alles communiceert met elkaar. Contrasten fluctueren, nerveus tegenover rustig, hard tegen over zacht, licht tegenover donker, zware tegenover fijne lijn, en een nooit eindigende combinatie van die elementen.
Mijn werk biedt de toeschouwer een moment van verbinding, reflectie en introspectie. Een connectie met de tijd en ruimte waar het denken niet de hoofdrol speelt.
Mon œuvre se compose principalement de dessins sur papier. Je dessine avec du pastel, du crayon, du fusain, de l'encre, de la peinture acrylique et de la peinture à l'huile... généralement, plusieurs techniques sont combinées dans un même dessin.
En partant du sensible, de l'instinctif et de l'intuitif, j'explore comment capturer l'insaisissable. À partir de mon émerveillement et de mon expérience, je donne forme aux énergies que je ressens.
Au moment où je dessine, je me sens très sûre de mon existence, de la ligne que je façonne, du papier, de mon atelier, et de la connectivité et de l'interaction entre tous ces éléments dans l'instant présent. Cet échange est tellement puissant et englobant que rien d'autre n'existe à ce moment-là. Chaque ligne, chaque mouvement touche à la charge absolue.
Une liberté totale. Mon studio est un sanctuaire où je peux faire ce que je veux, sans les autres, sans limites, sans jugements. Ce monde a son propre langage et ses propres interprétations, un laboratoire où je peux tracer mon propre chemin. D'une manière pseudo-scientifique, je cherche à révéler la vérité à travers les répétitions, les chevauchements, les réseaux, les ondes... les résonances de ce qui est ou n'est pas.
Mes expériences, ma conscience et ma présence sont entrelacées dans le travail. Dans le processus, le dessin devient une expérience physique et une aventure vécue dans et à travers l'instant. Les œuvres peuvent être des métaphores d'émotions vécues telles que la douleur, l'émerveillement ou la vulnérabilité, ou de thèmes qui me préoccupent. Le dessin est donc une exploration pour voir ce qui se passe en moi et pour créer le lien entre le temps, l'être et l'expression.
Tout est connecté, comme un système cardiovasculaire, et les idées apparaissent à travers différentes œuvres, sont combinées, font surface et disparaissent à nouveau. Les contrastes fluctuent, entre la nervosité et le calme, la dureté et la douceur, la lumière et l'obscurité, la lourdeur et la finesse des lignes, et une combinaison sans fin de ces éléments.
Mon travail offre au spectateur un moment de connexion, de réflexion et d'introspection. Une connexion avec le temps et l'espace où la pensée ne joue pas le rôle principal.

Amélie de Beauffort
Variations Météorologiques
Tous les jours, Amélie de Beauffort tourne une page du cahier qu’elle a placé dans sa boîte aux lettres, pour que les escargots qui y vivent puissent la grignoter. Ces mollusques en raffolent – le papier leur apporte le calcium dont ils ont besoin pour renforcer leur coquille, et Amélie le choisit bien, à base de cellulose, ni encré, ni blanchi, par tendresse pour leur petit organisme. Ils ont 20,000 dents sur leur langue râpeuse, avec laquelle ils rongent un motif délicat, entre nuage et dentelle.
Cette passion pour le papier, Amélie et les escargots l’ont en commun. L’artiste part de la matière même de son support, et expérimente sans cesse de nouvelles manières de le faire parler. Depuis quelques années, elle plonge ses feuilles dans des bains d’eau et d’encre: la pesanteur, l’action des fluides couvrent le papier de traces minérales; parfois, elle troue ses feuilles avant de les mouiller, découvrant ainsi une différente poétique des gouttes; chaque geste en invite un autre, dans une danse entre l’artiste, le hasard, et les propriétés des choses.
Avec le temps, elle a développé ainsi son propre langage plastique, riche en formes organiques, qui peuvent évoquer autant une coupe microscopique qu’une cartographie aérienne. Parfois, une grille orthogonale surgit parmi les taches: un ordre géométrique, mais aussi un souvenir tangible, car cette forme-ci est également prélevée de l’environnement de l’artiste; il s’agit de son tapis de découpe, apparaissant comme si le papier troué racontait son chemin. La couleur est d’abord apparue dans son travail en utilisant la poussière de son atelier – un soupçon de rouge venu de rien, qui se révèle avec joie devant les yeux de l'artiste.
Rien de plus naturel, donc, qu’un jour Amélie ait découvert chez elle une enveloppe dévorée, et qu’elle y lise le début d’une nouvelle collaboration. Elle teste différentes conditions, observant ses petits voisins humides par le biais des pages: en hiver, ils se terrent dans leur coquille, et le cahier reste vierge, pareil pour les jours de sécheresse; dès le printemps, et particulièrement les jours de pluie, ils se réveillent, voraces, et criblent le papier de leur douce constellation. Ainsi, le cahier se remplit. Une fois l’intervention des escargots terminée, Amélie retravaille simplement la couleur de cette édition à plusieurs “mains”.
Pour cette artiste, le trou n’est pas un vide mais un pore, un point d’interaction entre son travail et l’extérieur. Quand le soleil traverse les ouvertures de Jours, le calque découpé produit un jeu d’ombres rappelant l’épais feuillage d’une canopée. Quand elle nourrit ses compagnons baveux, l’appétit des mollusques devient la trace du passage des saisons. Avec sa vidéo, le carnet, l’escargot et le trou, l’artiste suggère cette temporalité à l’œuvre: à première vue immobile, un plan fixe montre, avec patience, une minuscule coquille oscillant avec humilité et grâce sur le dessin. Dans notre environnement hyper-saturé d’images et accélérant sans cesse, les créations d’Amélie se développent avec une lenteur fraîche, comme une fenêtre percée vers le monde, pour que sa lumière nous atteigne à son propre rythme.
Tous les jours, Amélie de Beauffort tourne une page du cahier qu’elle a placé dans sa boîte aux lettres, pour que les escargots qui y vivent puissent la grignoter. Ces mollusques en raffolent – le papier leur apporte le calcium dont ils ont besoin pour renforcer leur coquille, et Amélie le choisit bien, à base de cellulose, ni encré, ni blanchi, par tendresse pour leur petit organisme. Ils ont 20,000 dents sur leur langue râpeuse, avec laquelle ils rongent un motif délicat, entre nuage et dentelle.
Cette passion pour le papier, Amélie et les escargots l’ont en commun. L’artiste part de la matière même de son support, et expérimente sans cesse de nouvelles manières de le faire parler. Depuis quelques années, elle plonge ses feuilles dans des bains d’eau et d’encre: la pesanteur, l’action des fluides couvrent le papier de traces minérales; parfois, elle troue ses feuilles avant de les mouiller, découvrant ainsi une différente poétique des gouttes; chaque geste en invite un autre, dans une danse entre l’artiste, le hasard, et les propriétés des choses.
Avec le temps, elle a développé ainsi son propre langage plastique, riche en formes organiques, qui peuvent évoquer autant une coupe microscopique qu’une cartographie aérienne. Parfois, une grille orthogonale surgit parmi les taches: un ordre géométrique, mais aussi un souvenir tangible, car cette forme-ci est également prélevée de l’environnement de l’artiste; il s’agit de son tapis de découpe, apparaissant comme si le papier troué racontait son chemin. La couleur est d’abord apparue dans son travail en utilisant la poussière de son atelier – un soupçon de rouge venu de rien, qui se révèle avec joie devant les yeux de l'artiste.
Rien de plus naturel, donc, qu’un jour Amélie ait découvert chez elle une enveloppe dévorée, et qu’elle y lise le début d’une nouvelle collaboration. Elle teste différentes conditions, observant ses petits voisins humides par le biais des pages: en hiver, ils se terrent dans leur coquille, et le cahier reste vierge, pareil pour les jours de sécheresse; dès le printemps, et particulièrement les jours de pluie, ils se réveillent, voraces, et criblent le papier de leur douce constellation. Ainsi, le cahier se remplit. Une fois l’intervention des escargots terminée, Amélie retravaille simplement la couleur de cette édition à plusieurs “mains”.
Pour cette artiste, le trou n’est pas un vide mais un pore, un point d’interaction entre son travail et l’extérieur. Quand le soleil traverse les ouvertures de Jours, le calque découpé produit un jeu d’ombres rappelant l’épais feuillage d’une canopée. Quand elle nourrit ses compagnons baveux, l’appétit des mollusques devient la trace du passage des saisons. Avec sa vidéo, le carnet, l’escargot et le trou, l’artiste suggère cette temporalité à l’œuvre: à première vue immobile, un plan fixe montre, avec patience, une minuscule coquille oscillant avec humilité et grâce sur le dessin. Dans notre environnement hyper-saturé d’images et accélérant sans cesse, les créations d’Amélie se développent avec une lenteur fraîche, comme une fenêtre percée vers le monde, pour que sa lumière nous atteigne à son propre rythme.

Ludovic Jaunatre
Il a étudié la photographie en Belgique et est diplômé de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 2013 ainsi que de l’école de photographie Agnès Varda à Bruxelles en 2008.
Son parcours artistique a été ponctué de succès, avec plusieurs prix artistiques remportés en Belgique, dont le Prix Hamesse, le Prix de la Fondation Horlait Dapsens, le Prix Roger De Conynck de la Fondation Roi Baudoin. Son travail a été exposé dans des lieux prestigieux en Belgique, tels que le Musée juif de Bruxelles et la Biennale de l’Image Possible de Liège, ainsi qu’au Luxembourg, notamment au Centre National des Arts Plastiques.
Ludovic Jaunatre a également eu l’honneur d’être publié dans des publications renommées, notamment dans le quotidien hollandais De Volkskrant, dans le magazine belge Bokeh, ainsi que dans le récent Fisheye webmagazine.
Depuis 2015, Ludovic poursuit sa pratique artistique en France, où il a eu l’occasion de présenter son travail à plusieurs reprises lors d’événements majeurs tels que la Nofound photo fair à Paris, la Quinzaine Photographique Nantaise et le Festival photographique Influences Allemandes à Angers.
Dans sa recherche photographique, Ludovic Jaunatre explore la nature humaine et tout ce qui la caractérise : la relation à l’autre, à son environnement familier ou naturel, à ses croyances, à ses émotions et à ses projections.
Pour Ludovic, la matière photographiée – qu’il s’agisse du minéral, du végétal, de l’organique, de l’humain ou des éléments naturels – est porteuse de mémoire, et les images qu’il capture sont des réminiscences de cette mémoire, capturant ainsi la profondeur et la complexité de l’expérience humaine.
Son parcours artistique a été ponctué de succès, avec plusieurs prix artistiques remportés en Belgique, dont le Prix Hamesse, le Prix de la Fondation Horlait Dapsens, le Prix Roger De Conynck de la Fondation Roi Baudoin. Son travail a été exposé dans des lieux prestigieux en Belgique, tels que le Musée juif de Bruxelles et la Biennale de l’Image Possible de Liège, ainsi qu’au Luxembourg, notamment au Centre National des Arts Plastiques.
Ludovic Jaunatre a également eu l’honneur d’être publié dans des publications renommées, notamment dans le quotidien hollandais De Volkskrant, dans le magazine belge Bokeh, ainsi que dans le récent Fisheye webmagazine.
Depuis 2015, Ludovic poursuit sa pratique artistique en France, où il a eu l’occasion de présenter son travail à plusieurs reprises lors d’événements majeurs tels que la Nofound photo fair à Paris, la Quinzaine Photographique Nantaise et le Festival photographique Influences Allemandes à Angers.
Dans sa recherche photographique, Ludovic Jaunatre explore la nature humaine et tout ce qui la caractérise : la relation à l’autre, à son environnement familier ou naturel, à ses croyances, à ses émotions et à ses projections.
Pour Ludovic, la matière photographiée – qu’il s’agisse du minéral, du végétal, de l’organique, de l’humain ou des éléments naturels – est porteuse de mémoire, et les images qu’il capture sont des réminiscences de cette mémoire, capturant ainsi la profondeur et la complexité de l’expérience humaine.


Performance de Marie-Elise Casado (Maria Casado),
en collaboration scénique avec Roméo Mestre
Représentation le 28 Février 2025, dans le cadre de l'exposition collective "Lueurs" à "La Part du Feu" avec le collectif " Marcel Téton"

Performance de Marie-Elise Casado (Maria Casado),
en collaboration scénique avec Roméo Mestre
Agata sort d’une longue torpeur, les
pieds encore de pierre accrochée au
volcan. Créature hybride, elle se met
en mouvement, sa chair se recompose.
Ses seins, qui lui ont été coupés,
forment son enveloppe, son armure.
Les mouvements communiquent des
symboles de son vécu, c’est un autre
langage.
Des gestes sortant de la pierre, communiquant avec le soleil.
Elle vous donne à manger son histoire,
son expérience, sa force vitale.
De l’autre côté, sa voix, sa langue,
son histoire s’inscrit au rythme des
craquements de la roche.
Dans le bruissement de la terre
grouille son histoire.
Là, dans l’instant Agata marche sur la
montagne : « le visage éclairé par le
soleil, des chèvres l’accompagnent ».
Les mains se posent sur le ventre : c’est
la digestion, la digestion du vécu.
Autour d’Agata, une communauté qui
l’a accompagnée durant cette traversée.
Des regards sont croisés, la salle est
convoquée à partager.
À la fin, Agata partage ses seins à
manger : c’est la justice qui est rendue,
le pouvoir retrouvé, elle décide du sort
de sa matérialité, et chacun·e pourra
digérer ce récit à son tour, dans son
ventre.
pieds encore de pierre accrochée au
volcan. Créature hybride, elle se met
en mouvement, sa chair se recompose.
Ses seins, qui lui ont été coupés,
forment son enveloppe, son armure.
Les mouvements communiquent des
symboles de son vécu, c’est un autre
langage.
Des gestes sortant de la pierre, communiquant avec le soleil.
Elle vous donne à manger son histoire,
son expérience, sa force vitale.
De l’autre côté, sa voix, sa langue,
son histoire s’inscrit au rythme des
craquements de la roche.
Dans le bruissement de la terre
grouille son histoire.
Là, dans l’instant Agata marche sur la
montagne : « le visage éclairé par le
soleil, des chèvres l’accompagnent ».
Les mains se posent sur le ventre : c’est
la digestion, la digestion du vécu.
Autour d’Agata, une communauté qui
l’a accompagnée durant cette traversée.
Des regards sont croisés, la salle est
convoquée à partager.
À la fin, Agata partage ses seins à
manger : c’est la justice qui est rendue,
le pouvoir retrouvé, elle décide du sort
de sa matérialité, et chacun·e pourra
digérer ce récit à son tour, dans son
ventre.

Performance de Marie-Elise Casado (Maria Casado),
en collaboration scénique avec Roméo Mestre

L ue ur s
Étoile et Poussière
Exposition Collective - Group Show Marcel Teton
Clément Suanez, Giada d’Addazio, Baptiste Guillaumin,
Benoît Chaumont, Mihaïl Pandjaridis, Léo Marybrasse,
Salomé Martin, Joseph Winckler, Brieuc Dufour, Eva Daniau, Olivia
Perce, Donald Danger, Lucia Femia, Elio Ticca, Marie-Elise (Maria Casado), Roméo Mestre, Livia Cuveillier
© Clément Suanez
Clément Suanez, Giada d’Addazio, Baptiste Guillaumin,
Benoît Chaumont, Mihaïl Pandjaridis, Léo Marybrasse,
Salomé Martin, Joseph Winckler, Brieuc Dufour, Eva Daniau, Olivia
Perce, Donald Danger, Lucia Femia, Elio Ticca, Marie-Elise (Maria Casado), Roméo Mestre, Livia Cuveillier
© Clément Suanez

Silence Sourd
Olivier Cornil

Silence Sourd
Olivier Cornil

Silence sourd
Olivier Cornil

Ma piscine n’est pas gratuite
Ignacio Galilea

Ignacio Gallilea

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